02 décembre 2009
Torchwood 3.1 version bêta non officielle
Parce que cette série Tv (de la BBC, ils sont bien ces anglais) est très bien
Parce que Ianto ne peut rester pour mort
Parce un bon café pour sauver l'univers, c'est nécessaire !
Parce que trop de séries super ont été tuées à la longue par des suites ou des films ridicules ( Xfiles, paix à ton âme)
Parce qu'un jour , il faudra que je comprenne la théorie des cordes
Parce que l'imagination est une drogue douce merveilleuse
Avertissement : certaines idées peuvent choquer les sensibilités - le parti pris de la bisexualité par exemple des personnages est respecté.
Le principe du feuilleton du XIX°s est repris par l'existence de la publication blog et je trouve ça super : motivant pour celui qui écrit, pas obligé d'avoir tout écrit pour donner à lire et ça m'énage le suspense pour les lecteurs...
Remerciements à http://torchwood-passion.lolbb.com/index.htm pour leur accueil et l'ambiance de cet espace ... dans l'espace.
le(s) sens de l'univers - Partie 1 (chap 1 à 8)
_ Le(s) sens de l'univers_ (texte tt réservé)
Note : la présente aventure tient à deux éléments de la fin de Torchwood 3 - les enfants de la terre. C'est une "uchronie" car Ianto n'est pas mort. Cependant, le départ/la fuite du protagoniste est respectée. Le capitaine Jack Harkness ayant dû sacrifier son petit fils, ayant vu sa fille Alice se suicider après la mort de son fils, a décidé doit retrouver le Dr Who. Il cache sa dépression d'immortel en disant à Gween Cooper que la terre est une "trop petite planète" et se volatilise sous ses yeux pour rejoindre un vaisseau spatial croisant juste au-dessus de lui , vers Ion.
Dans cette épisode de la version Bêta 3.1. Il est revenu sur terre car son voyage inter-stellaire ne lui a pas apporté les réponses ou la paix recherchées.
***
- Est-ce qu'ils font des rêves ?
Quarante-huit heures plus tôt.
Une musique très bruyante parvint aux oreilles de Jack. Poussée à haut volume, les enceintes d'une vieille voiture crachaient un morceau de U2. Le son de qualité contrastait de manière amusante avec la guimbarde.
Nuit de chasse, une nouvelle nuit. Ianto resté à la maison, les autres revenus à leur vrai vie.
Par simple curiosité, Harckness suivit la 304 marron, vieux modèle français, qui lui rappelait ses échappées passées à Paris. La conductrice chantait à tue -tête sans se soucier de la Nuit, du quartier désert, de sa proximité avec les égouts de Cardiff. Elle se gara sur le quai. Le silence engloutit les dernier écho de musique. Le clapotis de l'eau fit le reste. Elle se tint quelques secondes à la voiture. Une sorte de fut assez long allongeait son bras droit. Elle titubait.
-Oh no ! Soupira Jack, encore ?
Lui qui voulait rentrer, il débloqua la porte du char d'assaut qui lui servait de 4X4 et se glissa dehors. Les êtres à grandes dents et à nez aplati n'étaient pas loin.
La silhouette fit une quinzaine de pas vers la gauche, le long du quai. La lumière rouge au bout de sa bouche et quelques volutes de fumée relayées par les reflets de l'eau à la lune laissaient deviner l'énorme cigare qui engloutissait ses lèvres. Très grande, carrée, elle faisait un bon mètre quatre-vingt. Était-ce vraiment une femme ?
Une lueur enfantine traversa le regard de l'ex-voyageur du temps.
Il arrivait toujours à trouver quelque chose de nouveau, quelque chose d'amusant sur lequel se focaliser pour accomplir ces tâches aussi inlassables que certainement vaines. Un peu comme un poète contraint de participer à un monde de noirceurs se ressourcerait à chaque infime parcelle d'humanité et de douceur. Cette fois-ci : le reflet de l'eau, une femme et ce cigare, la petite lumière de la cendre incandescente dans la Nuit.
Un ricanement sec acheva sa contemplation. Trois grondements sourds et une main pleine de griffes venaient de happer dans la nuit la femme ivre.
La stupeur passée, l'adrénaline circula vite dans les veines de la victime, faisant place à l'action. Son sang, mélange de panique et de lucidité, affluèrent dans un esprit rompu aux situations délicates. Ses réflexes et son sang froid refirent vite surface, par chance sa minerve venait déjà de la protéger d'un fameux coup de dents. Si on pouvait appeler ça des dents ! La batte de baseball aussi n'était pas inutile mais la force de ces bestioles intimidées par la lueur du cigare ferait vite la différence.
-Je peux aider peut-être ? Glissa le capitaine en attaquant la créature de gauche. C'était bien une femme, la quarantaine, pas une beauté d'autant que la minerve et le blouson de motard offraient peu de formes mais du charme, certainement. Pour lors, elle s'en tirait bien. L'esprit de Jack retint le vert foncé de ses yeux, ses longs cils et sa pâleur un peu maladive qui ne devait rien à voir avec le combat. Elle ne tiendrait pas longtemps.
Harckness acheva le 2ème monstre quand elle s'écroula. Le troisième assaillant placé sous anesthésiant, il jeta un œil à sa découverte. Les yeux se concentrèrent sur les petites veines bleues au coin des yeux clos, puis passèrent au tracé parfait de la bouche. La blancheur du teint soulignait le rouge palpitant des lèvres. Comme un fruit dont on imagine déjà la texture tiède, douce et savoureuse - il déglutit et un point apparut au creux de son sternum - mais se retint de goûter ce qui l'attirait tant. Elle puait le cigare d'ailleurs !
Les dommages n'étaient pas sérieux. Sa santé seule et non les blessures étaient la cause de cet évanouissement. Les renforcements du manteau de motard avait été bien utiles ainsi que la minerve. Il sourit en pensant aux délirants uniformes – de protection, il va s'en dire - qu'il pourrait faire porter à ses équipiers.
Les yeux mi-clos s'ouvrirent, prête à bondir à nouveau, la femme posa des yeux perçants et profonds sur l'homme penché au-dessus d'elle. Elle avait elle-aussi un regard beaucoup trop dur pour correspondre à son âge. Intense et chirurgical dans sa perception, serein et prêt à tout. Les pupilles de Jack s'agrandirent. Durant une ou deux secondes, ils restèrent absorbés, comme on peut l'être, pensif face à son propre reflet. Leur deux regards se touchèrent et résonnèrent en même temps : qui êtes-vous ?
II
- Est-ce qu'il font des rêves ?
Sa voix grave et féminine résonna quelques instants dans le corridor et dans les entrailles de Jack. Comme si cette question lui rappelait soudain son propre squelette, une caverne d'os sagement empilés par l'évolution où il lui était encore possible d'être vulnérable. Donc sensible. Il releva la tête.
Alice contemplait un des weewhil qui l'avait attaquée. La paroi translucide qui la séparait de la bête ne semblait presque pas exister. Il avait beau eu gesticuler, montrer les dents, gronder ou hurler – Jack ne savait plus trop ce qu'il en était – le regard vert froid plongeait toujours dans les yeux de l'Alien. Fascinée, elle semblait rêver au-delà de l'apparence du monstre pour explorer son âme. Que voyait-elle au delà que lui ne voyait pas, n'avait pas voulu voir ?
Quelque chose brilla dans le coin de son œil gauche, comme une goutte d'eau d'émotion – assis dans le coin, à proximité de la cage de verre, Jack déglutit péniblement – il corrigea son jugement : une goutte d'eau de compassion, plutôt. Imperceptiblement, la cage thoracique de l'humaine à côté de lui s'était levée, expirant un souffle lourd et apaisant.
Rappelle-toi, Jack, résonna une voix dans la tête du capitaine. Il fronça les sourcils. Quelqu'un avait-il jamais pleuré pour un weewhil ?
III
Cooper observait la Française depuis quelques minutes. Son instinct de policier et l'expérience acquise au service de Torchwood ne lui disait rien qui vaille quant à cette nouvelle venue. Comme à son accoutumée, elle laissa parler sa franchise :
- Mais qui êtes-vous Alice ? Gwen rongeait le haut de sa lèvre en la regardant.
- Pourquoi cette question ? dit Alice avec une moue un peu choquée.
- Parce que vous impressionnez Jack...
La femme émit un petit ricanement et une pointe espiègle illumina son regard froid.
- C'est parce que je baise plus que lui !
Alice reprit son chemin puis se retourna vers Gween. Elle fixa un instant la future maman, vingt bons centimètres les séparaient. Prit ses mains dans les siennes et la fit asseoir à côté d'elle.
- Si vous êtes son amie, n'oubliez pas cela. Jack est un enfant, Gwen Tout comme nous...Elle détourna les yeux vers le sol gris de l'entrepôt. Un vieil enfant mais un gamin quand même. Surtout en ce moment.
Alice se releva, l'air sombre mais un sourire aux lèvres, dardant un regard plein d'émotions et de tendresse sur la jeune femme aux cheveux noirs.
- Et vous savez quoi, vous aussi vous l'impressionnez, Gwen...
La jeune femme ouvrit la bouche, hésita et se tut finalement. La main gauche d'Alice se posa sur le bras de Gwen.
- En fait, nous l'impressionnons tous. C'est aussi pour cela qu'il reste ici.
Une sorte d'agacement parcourut l'échine de la co-équipière de Jack. Ses yeux noirs se durcirent, son souffle se retint de lui-même. Alice perçut l'attaque alors même qu'elle se formait dans la pensée de Gwenaëlle. Une pointe de jalousie bien légitime sans doute. Après tout, elle débarquait là au milieu, à peine sauvée des griffes d'extra-terrestres monstrueux et elle leur donnait déjà des leçons. Son impatience l'avait eu une fois de plus, et sa prétention, et son désir qu'il y ait forcément une réponse juste ou une solution, forcément ! Au lieu d'attendre et d'observer humblement pour ne rien manquer de la réalité. Ça n'était pas comme cela qu'il fallait agir avec les humains, elle le savait mais... étant humaine, pourquoi serait-elle parfaite ? Même Harkness ne l'était pas, pas encore...
Ses yeux lui rappelèrent où elle se trouvait. Elle sortit de ses pensées.
- Comment savez-vous tout cela ? Dit Gwen d'un ton un peu sec, comme attendu. Vous connaissiez déjà Jack avant cela ?
- Non... Je ne le connais que depuis douze heures, Gwen. Mais elle se retient d'oraliser sa pensée, si elle disait ça comme ça, Gweenie serait encore plus méfiante et fâchée contre elle. Pas la bonne tactique, pensa-t-elle.
Elle l'aimait bien, à dire vrai. Elle lui rappelait sa « jeunesse ». La jeune femme était futée, impulsive et réfléchie à la fois, aimante et juste. L'efficacité d'une machine nourrit par la bienveillance d'un ange , et tout cela faisait Gwen Cooper. Pas étonnant que même Jack avait craqué pour elle. Pauvre Harckness, pensa-t-elle, toujours en représentation pour ne pas les décevoir, hein...
Gwen sembla accepté ce « non » tant il était spontané car vrai.
- Mais tout le monde peut se tromper , ajouta Alice.
IV
Le regard paternel de Jack se posa sur sa petite équipe en pleine activité.
- Réunion !
Sa voix claqua dans l'air comme la musique hebdomadaire du marchant de glace. Leur attention capté, il fit rouler ses yeux , cabotin, comme le clown éternel qu'il était.
- Lady and gentlemen, je vous présente Alice.
Il s'écarta de l'écran vidéo du bureau de Ianto. Quatre niveaux plus bas, Alice remettait sa couette en place. Elle avait passé la nuit dans la base. La lumière douce et grise permettait de saisir son état de lassitude. Ils se sentirent gêner de l'observer ainsi sans qu'elle le sut.
- Baby ! murmura le capitaine à Ianto pour attirer son attention. celui-ci prit le document qu'il lui tendait.
Quelques secondes pour se faire une mine, et le secrétaire très particulier énonça d'une voix monocorde :
« Alice, sexe féminin, née sous X, le 12 mai 1965. Taille : 1.80m, poids : 80 kg.
Nationalité : française. Pas de famille, ni parents ni enfants.
Un chat - il fronça les sourcils – euh, en fait, une chatte : Asia, chat européen entièrement noir, yeux jaunes.
Une photo de l'animal, magnifique, le soleil faisait brillé les reflets bleutés de son poils fourni, apparut sur l'écran vidéo. Au même moment, la voix d'Alice résonnait en français.
- Viens ici ma belle !
Asia se posa sur les genoux de sa maîtresse avec une grande précaution. Ses pupilles étaient largement ouvertes, excitée et d'humeur joueuse, une patte duveteuse attrapa le collier de bois qui trainait assez bas autour du cou de l'humaine.
Ianto regarda ses coéquipiers et demanda en fixant Gwen , à son cinquième mois de grossesse :
-Personne n'est allergique aux félidés, ici ?
- Non, ça va , dit-elle, touchée de cette attention.
Il reprit :
"En vacances en Angleterre, d'après son passeport. Hum...
Billet d'avion retour pour Paris dans trois jours.
Profession : aucune. Accident de moto, il y a trois semaines.
Légères contusions et port d'une minerve indiquée.
Possession : une vieille 304 marron en très bon état.
Fume le cigare."
A cette idée, Gwen sourit en attendant la réaction de Rhys : une moue choquée.
- Qu'en pensez-vous, dit Jack, dont la voix contenait une fatigue inhabituelle, soudain. Je l'engage ?
- Tu ne nous demandes pas notre avis, d'habitude, dit Ianto.
- Eh bien, on peut toujours adopter de nouvelles habitudes, dit-il d'un air coquin.
- Elle part dans 3 jours... émis Gwen.
Harckness nota la méfiance de ces troupes face à la nouvelle venue , mais après Adams, et la mort de Tosh, Owen et tant d'autres... Chaque nouvelle rencontre devenait au fond plus difficile.
- Ce sera suffisant ! Eh bien, je vois que vous êtes d'accord, donc c'est décidé !
- Et que fera-t-elle hasarda Gwen...
- J'ai besoin...d'un biographe ! Lança Jack en souriant largement, laissant assez d'intensité dans son jeu pour que le doute soit permis.
Etait-il vraiment sérieux ?
- Eh bien , opina Ianto , de sa voix douce et grave à la fois. - Si sensuelle que Jack ne peut s'empêcher de fermer imperceptiblement les yeux, comme on écouterait les quelques notes d'une symphonie pour la millième fois sans pouvoir s'en rassasier. La chair de poule remonta son échine et un frisson de plaisir terrible le parcourut. - Pourquoi pas ! Lâcha d'un air stoïque, le majordome de la base.
Jack sentit pour une fois qu'une explication était nécessaire.
- J'en ai assez d'oublier des choses importantes qui pourraient éviter des erreurs et raconter certaines choses me permettrait de les oublier. Les rapports existent bien sûr mais ils ne parlent pas de tout cela.
Des pas se firent entendre et la voix d'Alice résonna avant même qu'ils la vissent. Grave aussi, belle, harmonieuse, maîtrisée, articulée comme si chaque mot pesait le poids d'une incantation. Lasse aussi.
- Tu devrais avoir un chat, Jack.
Il ricana et l'accueillit. Son regard se porta vers les hauteurs du hub, et il fanfarrona en savourant son effet :
- J'ai déjà un ptérodactyle !
- Ah oui ? Alice leva les yeux , inquiète.
- Ne t'inquiète pas, il n'aime que la sauce à barbecue !
- Sérieusement, baby – elle se rapprocha et lui face, sans trop s'occuper de la réaction de recul unanime des autres – tu chasses les Aliens et les remets dans leur bus temporel, si j'ai bien compris. Vous faites joujou avec leurs objets trouvés et vous gardez ceux qui paraissent utiles à l'équipe. Mais pourquoi ne pas aussi trouver des alliés ?
- Quoi, tu veux aussi que je recrute ta chatte ? Lança -t-il le nez pointé en l'air, jouant à l'offusqué.
- Non, pas Asia ! … Elle le fixa, farceuse... De toute façon, Asia n'est pas un chat.
- Tu es une sorcière ! Je le savais... Pointant un doigt accusateur. A witch ! She is witch !
Harckness se leva d'un bon et donna ainsi le signal de fin de réunion. A grands pas, il se dirigea vers le labo, suivit de prêt par la femme qu'il avait sauvée trois jours plus tôt.
- Jack, je suis sérieuse, attends-moi veux-tu … Il n'y a pas que les humains qui en vaillent la peine sur cette planète. Pas plus que dans tout l'univers... Je suppose.
Il se retourna, le visage sombre, se mordillant la lèvre supérieure gauche, un peu agacé.
- Qu'est-ce que tu en sais !
- Hum... Question de bon sens, non ? De probabilités.
Le « sens » n'était pas quelque chose que Jack prenait à la légère depuis qu'il traversait l'univers dans toutes les directions , y compris celles de l'infini. Ou plutôt si, tout, absolument tout était léger face à l'univers. Et cela pouvait faire très mal.
- Laisse-moi étudier les Weewhils, par exemple, veux-tu ?
Harckness reprit sa marche à grandes enjambées.
Document 555-6786 -726 précisa Ianto qui avait suivi la conversation à peu de distance tout en restant discret, à son habitude.
Alice soupira et regarda tour à tour les deux hommes :
- Je ne vous parle pas de scalpel ou d'analyses de sang. Tout à son rôle à jouer dans cet univers, en tout cas, je le crois. Asia est un des chats les plus intelligents que je connaisse. L'évolution d'une espèce n'est pas linéaire, elle se rejoue presque à chaque nouvelle génération, à chaque individu, avec des mutations génétiques mais aussi des mutations du comportement voire de la capacité à lier les choses entre elles, à sentir autant qu'à aimer... Il y a peut-être un weewhil plus intelligent, plus à même de communiquer avec nous que les autres, qu'en sait-on ? Que savez-vous vraiment de nos ennemis ?
Les sourcils relevés, il évalua la détermination d'Alice et les risques encourrus.
- Ok, acquiesça Jack. Tu as trois jours...
V
Le hub était plongé dans la pénombre de la nuit.
-Jacques ?...La voix française s'insinua dans la cabine du capitaine. C'est toi qui... Jacques ?
Un second hurlement arracha les entrailles de Harckness. Comme si son corps en entier était devenu une caverne gigantesque : ses veines, ses os devenus creux, ses mains, la plante de ses pieds se vidaient lentement de vie. Il en percevait le flux . A la manière de l'eau qui file dans un égout, sa moelle, son sang, l'eau de son corps quittaient en hâte une dépouille physique où seules ne restaient que la souffrance et la douleur. Il avait même vu de l'intérieur le chapiteau désert de ses propres côtes, comme pourrait le voir une bactérie si elle avait eu des yeux. Il voulait à tout prix se réveiller, il le savait, ça n'était qu'un cauchemar.
- Jacques !
Les mains froides de la française et son inquiétude formèrent une corde virtuelle qui lui permirent de s'extirper de la Nuit. L'air s'engouffra dans ses poumons comme des lames acérées de vie et Jack se releva brusquement, sortant de son rêve. La sueur ou les pleurs baignaient son visage au regard las. Son corps pleurait encore sous sa peau des milliards de larmes. Elles lacéraient encore à ce moment-même sa peau de l'intérieur.
Alice se sentit un peu désemparée, comment réconforte-t-on un immortel ?
Elle s'approcha, plongea dans son regard perdu et l'enlaça comme une mère berçant son petit garçon après une mauvaise nuit. L'énergie psychique qui se dispersait dans le corps du capitaine était palpable jusqu'à elle. Un peu comme une onde de choc après un accident.
- Je...
- Chut...Ne parle pas, garde tes forces, petit cœur -Comment sa mère l'appelait-elle quand il était petit ? Il avait forcément été un petit garçon un jour même si c'était ou ce serait ailleurs, dans un autre temps.
Elle poursuivit, restant à l'écoute de sa respiration.
- Les humains ont longtemps pensé que les rêves étaient prémonitoires ou le langage des Dieux – le capitaine eut envie de l'interrompre mais le souffle des sons ne dépassèrent pas sa cage thoracique – mais, continuait-elle, ça n'est que notre corps qui fait du rangement. Quand il tombe sur un événement traumatisant, il patine dessus. C'est un peu comme nous avec notre éponge, on s'acharnerait à frotter jusqu'à ce qu'elle disparaisse.
Une vague de colère sourde surfa sur la vague des émotions de Jack.
- Tu me fatigues, Alice, éclata-t-il en la bousculant brusquement, près à se relever. Pourquoi penses-tu une seconde que je suis comme toi, comme vous ?
- Ah oui ? - les yeux verts redevinrent froids – une info à me vendre ? Claqua -t-elle en basculant étonnement vite sur l'autre lit jumeau. C'est vrai ça, ce corps, c'est ta vraie apparence ou bien... tu es un ensemble de gaz en lévitation en vrai ? Ses yeux brillèrent, excités.
La voix de la Française était devenue aussi railleuse que déçue. Depuis combien de temps n'avait-il pas dû faire face à une vraie remise en cause ? Il se rongeait de l'intérieur depuis des centaines d'années au moins. Sa venue sur Terre avait un peu distrait son esprit et son corps mais à nouveau le besoin de sens, la lassitude, la souffrance, la perte d'ami(e)s accumulée, Steven et Alice perdus, les erreurs faites l'avaient rattrapés. Comment fuir ?
Les yeux froids transperçaient Jack – et même s'il en avait vu bien d'autres, ce regard et ces propos le ramenaient pour une fois dans un état proche de l'impuissance...mais elle n'était pas négative pour une fois. C'était admettre ne rien pouvoir faire pour apprendre à faire autrement.
Tu as raison, baby, pourquoi continuerais-je à gaspiller mon temps avec un déchet humain ?
Elle aperçut un sac plastique à portée de main qu'elle ramassa. Songeuse, elle le lui montra en prenant une longue respiration. C'est d'un ton ferme mais serein qu'elle dit :
- Ce sac plastique à une longévité vingt fois supérieure à tout existence humaine ! Ca n'est pas la longévité qui compte, mon chou, c'est comment tu vis chaque seconde. Il n'a ni émotion, ni plaisirs, ni même volonté. Un humain de cinquante ans a pu produire ce sac qui mettra deux milles ans à disparaître. Arrête de geindre ! De te culpabiliser de choses dans lesquels tu n'as aucune responsabilité ! A toi, de choisir : tu veux vivre en humain ou en sac plastique ?
- Les deux ! Jack la fusilla du regard et lui tourna le dos brusquement.
Un frisson glacé parcourut l'échine d'Alice. C'était bien une lueur de meurtre qu'elle venait d'apercevoir dans son œil ? Il se retourna.
Les lèvres sensuelles de Jack reprirent quelques couleurs. Habitué à surprendre ses interlocuteurs, il happa sa bouche à elle en un élan proche des premiers rythmes d'une valse. Le plaisir du baiser donné tel un coup de poing fit place à la surprise, à la déception de s'être fait avoir et enfin au plaisir de trouver un combattant à son égal. Les sens de Harckness fondirent sous la surprise mais cela n'enleva rien aux sensations qui parcoururent leurs corps. Le baiser lancé comme une attaque se changea en une caresse sereine, comme une main tendue, la caresse d'une main sur la peau d'un animal à réconforter. Comme on intercepte la gifle d'un ami avant de lui serrer la main. Rien de sexuel là dedans, mais de l'Amour, oui. Infiniment.
Ianto ralentit le pas.
Il resta saisi : ce qu'il venait de voir en passant devant la chambre de Jack. Heureusement, ses pas discrets l'avaient portés quelques mètres plus loin pendant que ces yeux transmettaient l'image des deux bouches enlacées, Jack et Alice l'un contre l'autre. Un mur froid accueillit son dos pour reprendre son souffle quelques instants.
VII
Une heure plus tard, il tenta de signaler un peu son arrivée dans la « suite Hub » dédiée à la Française.
Puis-je entrer ? Dit-il dans un français un peu haché mais si craquant.
Of course, yes, Ianto ! Come on !
Alice se releva , elle était en train de se reposer. Jack savait-il jusqu'à quelle point elle était malade ? Etait-ce grave ? Pourquoi l'avait-il embrassé ? Une lueur d'autodérision très britannique vint à son secours : Pff, laisse tomber, Ianto, c'est le genre de choses que Jack FAIT, voilà tout.
Une grimace de douleur se dessina sur le visage de l'observée. Elle sourit au jeune homme.
- Ne vous inquiétez pas, Ian. Puis-je vous appeler « Ian » ? Mon accident de moto m'a un peu bousculée , il y a trois semaines, quelques côtes disons « talées » comme on dirait en France. Elle se mit debout et l'invita à s'asseoir en face d'elle.
- Oh... non, merci, dit-il en français. Le capitaine m'a chargé de l'intendance et je venais voir si vous aviez besoin de quelque chose : nourriture, boissons, ustensiles, médicaments... Cigares ! dit-il à la française.
Elle fit non de la tête... Son regard se porta sur le tableau qu'elle avait peint dans la nuit.
Du blanc, j'ai besoin de blanc ! Vous savez où trouver de la peinture acrylique ?
Euh, oui. Ok. Il ajouta l'information à sa liste de courses. Autre chose ?
Puis-je vous accompagner ?
Euh... allons-y !
VIII
Un bouquet de fleurs avait fini par le dérider. Alice avait saisi son regard vers une touffe luxuriante de roses et de tulipes enrubannées de verdure. Le tout avait un air à la fois champêtre, sensuel et furieusement romantique. Il hésitait.
Pourquoi ne l'achetez -vous pas ? Avait-elle demandé, il est superbe !
Elle s'était mise à caresser la feuille ourlée d'une tulipe comme si elle était encore en vie. De fait, elle l'était, audacieusement vivante : verte émeraude, vert pâle, son calice d'un rouge carmin frisait l'impudeur. Ianto se reprit, cette vision lui rappela le baiser traître. Cette pensée l'assombrit, tête baissée, il la chassa.
Alice s'était corrigée à temps , prête à dire « Pourquoi ne lui offrez-vous pas »?. Mais elle avait été assez maladroite pour aujourd'hui. Ianto n'avait peut-être pas , n'avait sûrement pas envie de parler de ça avec elle. Au fait , c'était un il ou un elle ? Le jeune homme séduisant à ses côtés marchait d'un pas de conquérant avec la mise d'un dandy. A quel genre appartenait-il ? Se sentant inquisitrice, elle se concentra sur la beauté d'une tulipe qui lui tendait sa feuille.
Ianto la regarda du coin de l'œil et ne put s'empêcher de répondre à sa joie enfantine. Alice était quelqu'un de franc, directe, insoumis mais aussi bienveillante. La bonté irradiait d'elle mais pas la naïveté. La parfaite égérie ! Si ce n'était ses formes un peu trop alourdies quant aux critères du XXI°S et sa carrure de rugbywoman... Il se sentait bien avec elle même si le souvenir du baiser le taraudait encore. Pas tant qu'il l'ait vu, ou bien qu'il ait fait cela en cachette... mais plutôt ce qu'il signifiait, symbolisait à ses yeux.
Lui, Ianto Jones, il était fou amoureux d'un autre homme. Il fallait bien mettre des mots sur ce sentiment qui l'emportait même si cela défiait tout ce qu'il avait vécu jusque là. En ce moment -même, un creux d'angoisse dans le bas de son ventre lui disait à quel point la non présence de Jack à ses côtés dans les dix mètres environnants lui pesait.
Alice vaquait à ses achats, gardant un œil sur lui, à quelques mètres. Lui, absorbé dans les pensées de son corps et de son cœur, lisait machinalement sa liste de courses en empilant les produits dans son chariot.
Après-rasage pour moi. Savon pour Jack – le visage du vieil homme s'imposa à lui avec une touche de mousse sur le nez. Un sourire inconscient barra le visage de Ianto.
"Je t'aime...
Jack. Je t'aime Jack ! "
Les moments passés défilèrent en un clin d'œil devant ses yeux émaillés d'émotions contradictoires. Un tube de Robbie Williams : Deceptacon raisonnait dans les rayons vides. Tout ça était autre chose que aimer un homme , c'était aimer un être. Oui, il avait aussi une bite entre les jambes , certes. Mais , Ianto le sentait par tous les ports de sa peau, c'était un être de chair, de sang, plein d'élans, d'attention, d'humour. La sensualité d'un félin, la douceur d'une âme de poète dans le corps d'un mercenaire. Le toucher, lui, c'était accéder à un milliard de sensations plus pleines les unes que les autres. Et ça n'avait rien à voir avec Jack Harkness, le sauveur , le frimeur de tous les temps. Ca avait à voir avec ce qu'était vraiment cet être, au-delà de son nom d'emprunt, de ses secrets millénaires et de sa vie à hauteur du cosmos.
Comme deux matières qui se touchent, la symbiose entre leurs deux âmes étaient totales : l'un s'harmoniant à l'autre. Deux énergies vitales mises en présence et qui découvrent leur complémentarité, leur complicité essentielle.
Ianto lâcha le chariot près d'Alice et courut à plein foulée jusqu'au bouquet de fleurs. Il passa une caisse vide au même rythme en balançant au passage trois billets et le code barre du bouquet. Les rues du matin, Cardiff, un soleil doux et bienveillant. Ianto chassait tous les doutes qu'il l'assaillait à chaque pas lancé en direction du hub de Torchwood. S'il les écoutait, il renoncerait et rien au monde ne valait cela : cette course contre tout, les préjugers inscrits dans sa peau depuis la nuit des temps, les petites catégories arbitraires d'une société prête à vous dire qui aimer et avec quels gestes.
Il dévala quatre à quatre les escaliers menant du magasin officiel à la salle centrale. Appuya sur le bouteau « close » aussi large que sa main , les néons jaunes prirent le relais et une sirène retentit en boucle. Jack se retourna à ce bruit : Ianto, le souffle coupé, repoussa toute idée de reculer. Le sang battait à ses veines comme autant de rouleaux prêt à le pousser au pied de l'être qui le possédait de toute son âme. Il déchira le papier retenant le bouquet , fit éclater en l'air les fleurs aussi haut qu'il put et sous cette pluie de roses, de tulipes de tous les tons de l'arc-en-ciel, il écrasa les lèvres de son amour masculin.
Les pupilles de Jack s'ouvrirent largement comme celle d'une panthère prise par surprise. Sonné de cette entrée, il se laissa faire, noyer sous l'intensité qui déferlait sur son corps, son sexe, son torse, chacun de ses muscles. Les lèvres de Ianto étaient vengeresses, furieuses de tant d'heures de séparation, de regards discrets échangés de loin comme autant de caresses avortées. Elles guidaient ses mains parfumées par les roses, tout parvenait aux sens exaltés par trente siècles d'évolution du post-humain. Elles le submergèrent comme un ouragan prêt à se fondre en lui , par tous les points de son corps.
Ses mains libres seules de tissu prirent à pleine faim le corps du jeune homme. Son après-rasage, la course, la sueur de l'envie, les fleurs, tout s'emparait de sa peau pour démultiplier par l'intérieur les caresses sensuelles de Ianto.
Harkness se laissa tomber sur le canapé près du mur et délassa frénétiquement, presque brutalement si ce n'était ses gestes retenus en passion, la cravate noire , dégagea la chemise blanche et fourra ses mains en feu sur les côtes saillantes du majordome. Celui-ci le brûlait d'un regard qu'il n'aurait pas aimé croiser sur un champ de bataille. Dans ce ballet à corps rendus, il était difficile de deviner qui était le chef et qui était le subalterne. La réserve de Ianto explosait en une passion aux gestes sauvages mais sensuels. Eclairés.
Ils se dégagèrent l'un de l'autre quelques instants, contemplant sur eux mêmes ce moment d'éternité. Stupéfiés par autant ! La seule chose qui résonnait si fort entre eux était l'intensité de leur souffle unique et de leur soif commune.
Jack reprit bien vite l'initiative, effrayé que ce moment ne se poursuive s'ils s'arrêtaient ainsi au bord de l'agartha. Toute pensée amère avait quitté son esprit, il s'observait juste en train de plier sous le plaisir, terrassé par la beauté du moment qui l'unissait au tea boy. Ses mains s'arc-boutèrent comme autant de griffes retenues, traduisant la hauteur de son excitation. Il les posa en une simple pression dans le dos de Ianto qui se redressa sous le flux tactile et charnel qui s'emparait de ses terminaisons nerveuses, ivres de l'improbable bonheur de ce moment de grâce.
Une main avide caressa l'entre—jambe du pantalon militaire, elle attendait dans sa paume le sexe hérissé par l'attraction qui les unissait depuis de longs mois déjà, depuis cette rencontre inattendue. Cette paume mesurait son propre vide en sentant la chaleur du désir de l'animal sauvage qui lui servait de guide et de chef. Un grondement long, félin, chaud et maîtrisé en vibrations de plaisirs se posa sur l'air qui les entourait, il courut dans chaque interstice de leur sexualité. Ianto ferma les yeux pour mieux savourer l'onde sexuelle que Jack venait de lancer comme un feu d'artifices en ricochet dans l'espace tout autour d'eux.
Mais qu'est-ce que tu es exactement ? Souffla -t-il avant que l'autre homme ne le fasse taire à pleines lèvres.
Yours ! , répondit Jack, en savourant ce qu'il avait enfin pu dire tout haut.
Quand Gwen entra dans la grande salle, quelques heures plus tard, elle recouvrit d'un plaide le corps des deux amoureux enlacés dans le sommeil. Le tableau de leur union physique l'émut. Comment ne pas reconnaître une telle magie ?
Les sens de l'univers partie 2 - chapitre 1
Le(s) sens de l'univers – partie II
I
Cooper déboula en trombe, autant que son gros ventre de future maman pouvait le lui permettre.
- J'ai du nouveau, Jack !
Elle et Rhys habitaient temporairement le hub depuis la veille. Leur belle maison pouvait attendre. L'endroit à la fois le plus risqué et le plus sûr de cette planète était certainement cet endroit-même ! Rien de nouveau en somme. Mais sans trajet, sans Rhys coupé de sa si belle épouse, tout irait certainement mieux pour préparer la naissance du bébé. Et puis, se dit Gwen, un moyen comme un autre de surveiller cette française...
Ianto, Rhys et le capitaine apparurent chacun à trois points différents de la grande salle.
Ianto, Gwen, montez ! répondit Jack.
Une toute petite lueur amusée traversa l'esprit de Ianto. Si infime mais Jack la saisit tout de même au passage.
Des photos de différents hommes et femmes en costume cravate et tailleur Chanel défilaient au rythme des explications fournies. Depuis deux mois, dix gros bonnets de la finance internationale avaient trouvé la mort. L'Unit s'inquiétait. Aucune piste terroriste et les places boursières faisaient pression pour que le jour soit fait sur ces disparitions un peu trop rapprochées.
Nous allons besoin d'avoir un docteur, souffla Jack.
Tu es encore bien le seul à faire confiance aux docteurs, Jack, coupa Alice qui venait d'apparaître dans l'entrebâillement de la salle de réunion.
Harkness opina du menton, l'invita à s'asseoir du regard et reporta l'attention du groupe sur l'enquête. Toutes les grosses banques ou institutions financières avaient été touchées. Chaque mort pouvait s'expliquer naturellement. La dernière en date concernait M.N. Mayerson, patron en second de Wall street. Il passait un week-end bucolique avec une de ses maîtresses dans le Dakota du Nord quand une branche d'arbre se détacha et lui fracassa la tête.
Le shérif du coin a classé l'affaire comme « accident » et ne comprend pas trop pourquoi on s'inquiète de ça.
Ok... Ianto appelle Martha, nous avons besoin d'un docteur dit-il en coulant un regard faussement autoritaire vers Alice. Des morts en Angleterre ?
Euh... deux.
Cooper ouvrit la bouche puis se retint puis finalement lâcha :
On pourrait, je sais pas, faire un truc amusant en plus pour une fois. Je ne sais pas... aller voire la reine en personne ou bien...
Pff... Tu ne trouves pas ça assez amusant , déjà lassé de moi ? Claqua Jack.
Heureusement, Rhys n'était pas dans les parages. On pouvait peut-être aimé deux êtres en même temps, finalement. Jamais Jack ne lui apporterait ce que Rhys était et jamais Rhys ne pourrait suppléer à la place de Jack.
Gwen sourit, ses grands yeux noirs et ses tâches de rousseur lui faisaient une mine craquante. Il détourna le regard. Ces primates évolués avaient vraiment le don de l'exciter, et pas que les hormones, il lui fallait bien l'admettre.
Les sens de l'univers - partie II - chapitres 2 et 3
II
Le 4X4 version 2 de Torchwood stoppa net dans les verts pâturages du comté de Windsor. Le soleil ruisselait littéralement sur la colline empruntée et une légère brise de fin de printemps apportait les senteurs de la vie en réveil autour d'eux. Déjà, de grandes herbes par endroit se balançaient, dodelinantes et prêtes à toutes les caresses de la brise, du soleil, des animaux environnants. Asia ne manqua pas de s'y frotter en ronronnant. Alice elle -même se promenait mains grandes ouvertes, prête à laisser filer dans sa paume la moindre gerbe se courbant à sa main, le moindre frisson d'air. Un peu comme si elle était prête à caresser l'invisible.
La française avait insisté pour emmener sa compagne à quatre pattes et il est vrai qu'Asia tel un chat-chien les suivait d'un bon pas voire les devançait. L'intendant des terres de Sir Henry Lenford, la quarantaine, l'air sévère des gens de la terre, veste verte et bottes de cavalier, les menait à grand pas vers l'endroit précis où le lord richissime et influant avait trouvé la mort. Les empreintes des sabots du cheval dont il était tombé marquaient encore nettement la terre ainsi que la trace de la chute du corps.
Tout cela avait-il vraiment un rapport avec leur mission ? Jack restait circonspect. Quels intérêts les aliens auraient-ils à faire remplacer certains humains influents ? Pour y placer des humains sympathisants ? Voire des congénères masqués ? Et après ?
Le simple fait qu'un alien ait investi le corps ou la société humaine relevait bien sûr des missions de Torchwood mais était-ce la bonne piste ?
Martha prit les mesures nécessaires des empreintes alentours et Ianto passa au scanner le petit chemin qu'elles traçaient dans la verte prairie paisible, comme arrêtée dans le temps. Il fit non de la tête et Jack se trouva confirmer dans ses doutes.
Vue les traces de sabot, le cavalier allait au pas, dit Martha.
Rien qui peut expliquer une chute pour un parfait cavalier, déduisit Jack, à demi absent.
Rien alentours que cette colline. Rien de cacher que le scanner n'aurait pu mettre à jour. Et pourtant son instinct lui disait que quelque chose avait effectivement tué le lord. Etait-ce la même qui avait décimée les troupes du libéralisme mondiale depuis deux mois ?
Il croisa le regard de sa co-équipière ex- policier de la royale couronne. Elle semblait aussi sur l'expectative. L'intendant répondait à toutes ses questions avec un détachement très professionnel, pour autant, il ne devait pas savoir grand chose.
Asia, elle, ne s'approcha pas des traces de chute. Elle s'assit sur son arrière train, lèchant ses pattes avec une méticulosité et une grâce on ne peut plus féline. Pour une fois, elle n'avait pas suivie Alice, qui, elle, écoutait en silence l'interrogatoire champêtre. Elle avait du mal à suivre l'accent relevé du veil homme et tenait à comprendre tout ce qui s'était passé ici.
Quand le groupe décida de gravir la colline pour en apprécier plus largement le point de vue, la petite chatte noire contourna largement le lieu de la mort. Jack nota ce détail en se retournant vers Alice.
Que fait-elle , au juste, à ton avis ? Demanda-t-il à son invitée.
Alice suivit son regard et observa elle-aussi le manège de sa compagne animale. Celle-ci avait effectué un détour d'une dizaine de mètres. On aurait pu croire qu'elle avait décidé de se promener un peu mais la trajectoire qu'elle dessinait dans son parcours avait nettement la forme d'une ellipse dont le diamètre le plus large correspondait exactement au point de chute du cavalier.
Qui sait ? , murmura la françaises, fascinée elle-aussi par toutes les explications possibles qui lui vinrent soudain en tête.
III
Une électrode scotchée au front du capitaine brillait dans l'ombre. Alice assise près du corps allongé posait sa voix sur des tons graves , aux vertus maintes fois employées.
Jack, quand j'aurai compté jusqu'à trois, tu sombreras dans un profond sommeil.
N'en profite pas trop, dit-il taquin...
La félinité de son corps d'athlète rompu au combat recouvert à mi-taille d'un drap blanc laissait deviner la beauté outrageusement attirante de son entité humaine.
Alice sourit mais reprit sur un ton très solennel :
Un... Jack ferma les paupières. Lourdes.
Deux... Ses muscles se relâchèrent totalement.
Tr... Il n'entendit même pas la fin du mot. Son esprit plongé dans les champs de l'hypnose lui donnait l'impression de flotter en rêve dans un espace indéfini dans lequel s'inserraient d'autres espaces sans limites claires, à la manière d'une allée de miroirs se faisant face.
Par le biais des moniteurs vidéo de la station, le marjodome bien aimé du Capitaine Jack gardait un oeil sur son chef. Ianto devait admettre que depuis qu' Alice était là, bientôt quarante huit heures, Jack semblait différent de ces dernières semaines. Depuis son retour des étoiles, après ce qu'il fallait appelé une fuite, il ressemblait à un fantôme n'ayant toujours pas retrouvé le repos.
Mais depuis quelques heures, il était redevenu plus joueur, plus frimeur que jamais, il avait retrouvé sa gouaille, sa bonne humeur et sa présence trahissait une sensualité plus que jamais éclatante. Un peu comme un phare allumé à nouveau quand si longtemps on l'a attendu et su éteint malgré sa présence à l'horizon. Le souvenir aigü de leur nuit d'amour charnelle le fit frissonner de tout son être. Il flotta quelques instants entre deux réalités : celle du moniteur vidéo et celle de son corps plongé dans le souvenir exact des sensations de plaisir et d'union mentale qui les avaient traversés cette nuit-là. Chaque muscle revécut exactement ces ondes d'amour et de tendresse. Son esprit lui fournissait l'exacte réplique de sa vue à chaque seconde lors de cette communion physique, et même sa bouche saliva de plaisir comme si Jack venait à peine de quitter ses lèvres. Et bien qu'il sut parfaitement être réveillé, il dut faire un effort notable pour ne pas se laisser haper dans la fascination de ce souvenir de peau, de chair et de muscles. Il seccoua la tête, maîtrisa sa respiration et dut se dire que tout cela n'était qu'un tour de ses sens exaltés.
Asia vint se frotter à lui. Cette sensation inattendue et furtive lui permit de reprendre une veille plus attentive. Au chevet du lit, il aperçut alors une de ses roses lancées quelque heure plus tôt en l'air avant le feu d'artifice de leur union. Cette vision le troubla à nouveau quelques secondes. Elle avait la force du baiser de Jack la première fois qu'il avait osé goûter à la texture charnue de ses lèvres. Cette sensation l'absorba complètement dans un temps et un espace indéterminés où il se sentait rageusement vivant et sauvagement libéré.
Quatre niveaux plus bas, Jack avait vu son entité physique se réduire à un point fixe dans ce qui paraissait l'exact décor des simulations terriennes de l'univers. Un cri inaudible s'arracha de sa carcasse comme si se réduire à ce point l'étouffait tout entier. Son pouls s'accéléra à vitesse folle et Alice, inquiète, vint poser une paume à plat sur son torse nu.
- Tout va bien, Jack, tu es en sécurité, nous veillons sur toi.
Les paroles semblèrent l'appaiser car sa cage thoracique se souleva, absorba une large quantité d'air qu'il expira très très lentement. Martha , à côté de Ianto, surveillait ses constantes.
Rien à signaler, confirma -t-elle tout haut. Un soupir tendu lui échappa.
Tour à tour, l'esprit d'Harkness matérialisa le visage d'une entité évanescente et sublime à la fois. Son corps de lueurs d'un blanc opale se lovait amoureusement autour de son propre corps à lui comme la danse d 'une nuée de lucioles ou de papillons aux ailes de soie bleue se nourrit à un halo chaud de lumière. Des fils d'un bleu de prusse mâlement affleurèrent à sa propre surface épidermique. Chaque pore de sa peau brûla d'un intense plaisir qui traversa son corps et son esprit de part en part. Sa bouche s'ouvrit largement. Il gémit tout haut comme Asia aurait pu ronronner de plaisir. Dans cette onde qui équivalait à un bain d'énergie pure au centre même d'une nébuleuse vitale, son âme se nourrit. Le va et vient de ses veines saillaient sous la peau mais sa pression sanguine semblait à l'identique. Alice hésita à le toucher de peur de le réveiller. Martha lisant son inquiétude lui indiqua que tout était normal.
-Normal,pensa -t-elle , amusante conclusion.
Une chaleur érotique et infiniment bienveillante s'emparait de l'espace terrien où son corps reposait, son expansion était palpable à mesure que les minutes passaient. Mais aucune machine ne pouvait rien en mesurer. Pour cela, encore fallait-il être capable d'émotion.
Pour Martha, 30 mètres de béton plus haut, Jack reposait simplement dans son lit, une electrode en plus. Le moniteur offrait son image dans des tons bleutés. Il bougeait doucement par moment, des gémissements lui échappaient mais rien qui pu l'inquiéter ou affoler la technique surveillant sa plongée dans l'inconnu.
Alice n'en voyait pas davantage mais ses mains à elle et son corps pouvaient toucher dans l'air l'onde harmonieuse qui paraissait envahir la station toute entière. Une rose qu'elle avait ramassée, après l'explosion mystérieuse du bouquet dans le hall d'entrée du hub, attira son attention. Touchée par la vague somptueuse de vie, elle palpita un instant, comme revenue à sa terre natale. Rien n'était normal dans cette séance d'hypnose, se convint Alice.
En voulant permettre à Jack de se libérer, elle avait d'abord pensé lui poser des questions et commencer avec lui un lent travail de rangement de son subconscient. Mais si Jack était sans doute humain, il n'avait pas la psychée d'un terrien du XXI° siècle...Il était fait, plus encore que nous pouvions l'être, d'images, d'émotions, d'envies, d'énergies pures où tout prenait et son sens et sa source : sexe, sensualité, instinct de préservation, amitié, tendresse, générosité, fascination, rire, émotion, empathie. C'est ainsi en tout les cas qu'elle pouvait symboliser cette onde qui l'enveloppait maintenant complètement. Un peu comme si le capitaine Jack Arkness,étendu là, faisait, en ce moment même, l'amour à l'Univers.
Les sens de l'univers - partie II - chapitre 4
IV
Ce qui s'était vraiment passé ce soir-là près de la 304 marron, sur les quais de Cardiff.
Le dernier Weewil mit en fuite, Jack revint à la victime.
Evanouie, la femme respirait cependant sereinement. Que faisait-il habituellement dans ses cas là : une claque ou un baiser fougueux... Mais ni l'un ni l'autre ne lui parurent adapté pour une fois. Quelques heures à peine êtresorti du Tradis, il reprenait déjà du service ! Un long soupir s'arracha de son corps, un peu de son âme sans doute...Et lui, qui allait LE sauver ?
Au moment où il allait se décider à l'abandonner dans sa voiture, d'étranges sons sortirent de ses lèvres harmonieuses mais gercées.
Acthua Net Kte. Echochyre sheharavan...Doux, lancinants, suaves et si étrangers.
Rien en elle ne respirait l'alien pourtant. Mais cette langue n'était pas non plus humaine, il en avait la sûre intuition. Il décida de prendre le risque et la porta jusqu' à la vieille 304 marron garée cent mètres plus loin. Allongée sur le siège arrière, la femme semblait appaisée maintenant même si par moment elle murmurait encore d'étranges incantations. Le bracelet en cuir du capitaine enregistrait de toute façon la moindre conversation. Les échantillons vocaux recueillis pourraient facilement être soumis à plus ample analyse. Pour l'instant, il regardait de plus près les antiques cassettes à bande qui cotoyaient les derniers cd sortis dans la guimbarde française. Beethoven, Seal, Linkin Park, U2, entre autres. La carte grise indiquait : « Alice Coterre... 44 ans....Française ». L'ensemble de l'habitacle intérieur montrait à quel point sa voiture était le dernier de ses soucis : paquets vides et écrasés, bouteilles d'eau à moitié entâmées. Si Ianto voyait ça ...Jack eut un haut le corps, Ianto... Il ferma son esprit aux souvenirs et saisissant le réveil de la créature derrière son dos, il se décida pour une attaque franco :
Alice, parlez-moi de vous !
Jack avait du mal à trouver de la place pour ses jambes entre le volant et le dossier du siège. Il la vit se redresser dans le rétro-viseur. Elle fourragea un instant dans ses cheveux épais auburns coupés en carré à l'endroit où elle était tombée. Un murmure de douleur échappa de ses lèvres et elle se frotta le cou.
Ma mère, commença-t-elle dans un anglais très frenchi, m'a toujours appris à ne pas parler aux inconnus.
Sa voix grave et sensuelle n'avait pas cette tonalité tout à l'heure quand elle parlait.
Oh ! Bon conseil maternel, répondit Jack, fanfaron. Et vous lui avez obéi ?
Une lueur complice illumina le regard méfiant de la femme.
Surtout pas ! .... Voyons, qui suis-je ? Un être humain ?
Elle réussit à faire naître un sourire sur le visage de son sauveur. Elle ne pouvait se rendre compte à quel point cette remarque évidente ne l'était pas, pour le capitaine.
J'ai deux règles : savoir à qui je parle et surtout voir le regard de celui qui me questionne...
Jack se retourna et offrit à son observation ses pupilles bleues. Elle sonda les reflets, l'intensité, la profondeur de ce regard avec la méticulosité d'un peintre. Au bout de quelques secondes, il pensait pouvoir abandonner la pose mais elle eut un sifflement d'agacement autoritaire qui le ramena à la patience et à la mobilité. Ce petit bout de bonne femme presque aussi grande que lui, ne manquait certainement pas de caractères ! Cette pensée le ravit. Enfin, un truc qui puisse le distraire ! Les yeux féminins méfiants au départ se laissèrent absorber par la candeur sombre du regard de Harknesse. Elle sembla avoir terminé, indécise.
Capitaine Jack Harkness, enchantée Madame, dit-il charmeur.
Elle ne réagit pas à sa manoeuvre. Elle le sentait vide, sans désir. Sans âme. Un peu comme une coquille vide qui continue de subir son élan alors même qu'elle n'a plus de muscle pour la traîner. Elle sentit ce non sens qui le rongeait, lui. Il le minait comme un cancer d'angoisses et d'impuissance. Lisant de la pitié dans ses yeux, il détourna le regard.
Elle avait éveillé sa curiosité et ça lui plaisait de l'extirper de sa torpeur angoissé.
Je ne suis pas douée pour parler de moi, capitaine...Posez des questions, j'y répondrai... Espiègle , elle ajouta en posant un regard de soie sur lui qui le toucha comme la caresse d'un coton sur une peau tendue :
Ou pas ! …
Elle plissa des yeux. Est-ce le bon moment ? , pensa-t-elle. Elle brulait de lui demander : « et vous, quel est votre histoire ? » Mais non, c'eut été maladroit. Allez à l'essentiel, en Europe, était forcément agressif.
Ok. Je vais y réfléchir...
A ce moment – là, quelque chose rua dans l'arrière de la voiture, mais le choc n'était pas assez fort pour être alarmant.
Oh, mon dieu, s'exclama -t-elle , mon Asia !
(A suivre)
10 décembre 2009
Les sens de l'univers - partie II - chapitre 5
V Alliés ?
Le son était clair, doux et apaisant. Quelque chose assez proche d'une berceuse dans son intention mais le rythme restait celui de la parole et non du chant. Le regard fasciné par cette harmonie millenaire, Jack ne quittait pas des yeux l'écran de contrôle. La française à genoux calinait Asia, montée sur le lit. Leurs visages étaient enfouis l'un d'un l'autre, la chatte reniflant périodiquement le nez de l'humaine comme si elle était au courant de la mode du bisou esquimaux.
Un sourire candide éclaira le visage du post-humain.
Alice continuait de lui parler dans cette langue étrange qu'il avait entendue après son évanouissement dans la 304 marron. Un mot anglais ou français, prononcé avec la même voix sortie de l'âme, s'ajoutait parfois à leur échange. L'animal – quoi que silencieux – ponctuait cette communion en ronronnant plus ou moins fortement – le scanner placé à côté de l'écran de contrôle témoignait que les vibrations internes de l'animal avaient une cohérence, une structure, donc peut-être une signification. Le battement de ses paupières étaient aussi un hymne. Comme une caresse lancinante, insatiable, donnée avec les yeux. Ses deux corps irradiaient une chaleur harmonieuse et véritable, vivante et vivace. Forte et sans âge. Une énergie qui circulait des mains d'Alice au poil de la bestiole noire au pelage noir et soyeux à reflets bleutés. Une force qui émanait des yeux d'Asia, de chacun de ses mouvements.
La chatte posa un coussinet sur les lèvres de sa maîtresse sciemment, sans sortir ses griffes, en ronronnant de plus belle, comme si elle avait voulu sentir les baisers que Alice dessinait avec ses lèvres : une sorte de code, un pacte de non agression et de loyauté ?
Ianto, rappelle-moi d'engager un linguiste en intérim , à l'occasion.
Le majordome s'approcha de Jack et considéra sans mot dire le scanner, la scène filmée quatre étages plus bas ainsi que les mélopées silencieuses mais irrisées qui semblaient dansées en bas de l'écran , à mesure que le scanner suivait le ronronnement d'Asia.
Tu sais, Jack, un linguiste...pour un chat, ça ne parle pas...
Jack sembla perdu quelques instants dans ses souvenirs -passées c'est à dire futures – quelques rencontres avec des aliens sur des mondes dont Ianto ne pouvait même pas s'imaginer l'étrangeté.
Peut-être que si, finalement... C'est nous qui avons besoin de cours !
Premier Rencard - Ianto/Jack (english sort of version)
(The episode begins in the middle of Kiss Kiss Bang Bang/le retour de Jack)
While Ianto's hands were searching for a bomb evidence at the top level of the building, his mind was sighting : Jack...Jack just have asking me for a date. Oki,well. And I have accepted it.
His brain in love recalled himself all theres souvenirs : first meeting : date whith a weewil, next : catching a pterodactyle. He smiled. He closed his brown eyes, memories of Lisa came over his heart. How could he...
The shame invaded his breath and he stopped this flashback attack. Well, top of the roof, guy, top of the roof : he laughed on his own with cynical ton.
Two days after, Jack anciant love's from stars was only a souvenir. Well. For how many times? Problem with time rifft was nothing definitively stated. Absolutely nothing. Ianto, the silent fellow teaboy, earing and watching everything in team headquarter, caring, guessing...couldn't fixe his own mind ! While Jack continued talking during a hub breefing, Ianto only followed the sound of captain voice. Just like a familiar music. Like a subtil and somptuous coffee smelling... Like a breath you know around you which could help your own body breathing...Could kill you too. Again
Premier Rencard - Ianto/Jack (english sort of version) II
He loved the way Jack swallowed like a sleepy tiger, eyes observing everything in a tense but easy way, like if 51th century human could analyse more informations than his own brain. Evolution ? What could be different in Jack's mind, thaugts... – Ianto laughed loudly for himself :
Jack turned to the silent majordome :
- Yes ? Ianto ? Anything to share with us ?
The coffee master turned to red and looked down.
- No, sire, sorry...
Jack resumed the breefing still glancing at Ianto – could he read in mind to ? No, he doesn't, Ian' realised in a sight. So...Ok, you accept this, going out with...him. Does he is a man for you ? Usually i care about women, fond of she, not he... God. What happened to me ?
Ianto rolled his eyes like a fool, absorbing by the shining grey of a wall. Captain toock aide-camp reflecting in aquarium big glasses of his office. Jack's observation have disturbing him few seconds cause he worried about Ianto. The voice of Gwen report came to his mind but Jack didn't listened. Suddenly silent came to the office, Owen, Tosh, Gwen watched to Jack but he had a clue what for... Gwen understood quickly.
- Chief, what about you ? We eat the alien or not ?
- Sorry ? Interrupted Jack, chocked by the idea. No, take a pizza please, as usual ! And without alien as a food in it, please.
- Just Jocking, Jack ! She answered with her cute Cardiff accent. Do we go to the airport or do we let UNIT go and fixe this ?
She tried to understand what disturbing his dear Jack, loocking all around him but find nothing.
-No, go to the airport. I 'll call UNIT dogs …
That was a diversion for real . It was high time he had a long discussion with Ianto. Cause he needed it, cause aliens always came over the rift no chance of true love. He losed Gwen , she was engage with the bloody Rhys to, he couldn't stand loosing Ianto too.
He observed all the troop on departure and seemed wanting to stay alone in his office. The tea boy just take a quick loock to his loving boss and what about to fixe hub things and supplay when Jack called him :
- Dear, take your coat, we get to go. Jack gived him his trench, without giving back his regard. Surprised by the cute apostrophe, Ianto marked a step.
- Oh... where do we go... Sweetie ? He dared say the word as a game between us.
- To the hotel of course, baby ! Laughed Jack , with roguish lights in his eyes. What about a dinner and a movie ...now ?
- Oh ? Ianto answered, slowly chocked by the fact that date has coming. So exciting, so scarry, so foolish situation, what about running away the hub as fare as i could while Jack closed the team station ? Do i want it ? Do i want him ? Mind and body ? He shivered.
Jack smiled slowly , understanding the earth-quake in Ianto's soul.
Would you go and fetch the car, please ? Captain 's voice was as sweet as possible – I get to fixe something before.
Yes, muttered the handsome and smart tea guy.
Ianto lived office to the garage. When he turned back to the elevator entrance, Jack appeared. But it wasn't that Jack he used to see. He was dressed up in another way, no more grey and large military pants, no more bleu shirt, nor long bleu marine coat from military supplies. The man who observed him has changed mind and shape while changing uniform. Just a white shirt, a fited jean, derbys and black suit covered by a leisure coat. His hears were foolish and his mood seemed unusual. Jack captured with sweet satisfaction the way Ianto catch his new appearance. Just as to be another human on earth, just hilmself no the mythe he played all day long : Captain Jack Harkness, immortal human, borned for further 30 centuries on another planet. Just carpe diem : being by is own with all who i desired : sharing free time with Ianto Jones.
Shivering by the moment, he walked to Ianto , trying not to meet the tea boy eyes. This one was seeting in the care, ready to drive his boss as if everything were as usual.
- So, go left and turn two blocks left, ordered gentle Jack. Theres two looks shared few seconds of complete eternity thanks to the rear wiew mirror.
- Nice suite, babe ! Ianto dared to say, happy.
As the driver, tea boy tasted this travel, just concentrating his feelings of the pleisure to be there, with him. His body responded, surfing like a strong emotion wave crossed every muscle of his own. Desire came over him, a large breath open his eyes, dark brown intensity invaded his regard.
- It's here ! Claimed Jack like a kid ton in his grave voice. He loocked all around and catching dark exciting glance from Ianto figure, Jack let his own sharp tiger soul leading magic leash of this moment : he kissed the tea boy with all desire, wishes, life energie he was made with. The coffee master melt like chocolate while male lips and tongs danced all together in a furious meeting. A warm shiver occured in the unique body of love they shared for a while : tears appeared in close ianto's eyes as if he could again siped life. He felt Jack's body shiver and he enjoyed this feeling so much !
- Thanks for asking ! He said, joking... So kind to you !
- Sorry, Ianto, i'd just wanted to taste your attractive lips for that day we met, do you remember ?
He expected for few seconds Ianto's nod in agreement. Breath cut. Something recovered in his soul and body, something stange like hope. So long !
They entered the smart restaurant Jack have choosen for this date. The bartender was gay too and understoud queeckly what this moment was for the pairing. He offered these quiet table in soft ligthened corner. Intimate enough to be peaceful, not to much ambigous for raising Ianto 's fear.
- The first weewil hunt, isn't it ? got Ianto straight to the point, observing Jack's bleu eyes, he loocked as confident as a general in front of a battle decision. Harkness understoud why the tea boy was so sexy. Loocked like a shy fine fellow, just strong and exotic mind like a battle heroe. What a hot coktail in the same personn ! He would sip his soul for long.
- Indeed ! Admitted Jack, rather impressed by the tea boy nerve ! What, dear Jack, did this little male will make yourself like a shy boy ? A little feeling of apprehension stuck his stomac.
They odered meals , red wine and time seemed having frosen all around them.
- Yes, this hunt, when i discovered you could cure by yourself in few minutes after being agressed ! You lied to me, honey ! Added Ianto with emphasis ton...Telling me about shaving accident !
Happiness put in relief his eyes, his elegant fragrance huged Jack senses as if his glamour shape melt into a parfum spread all around Jack nose and skin. He could hardly stay calm and sexe energie surged his sensitive blood and heart.
Yes, i agreed... Ian.
He smiled to his own, happy that theirs body feelings from this memories were intacts. He was glad Ianto shared this conviction with him. Ian could have mixe up cause the pterodactyle chase have been hot too when they felt with violence on the ground while the prehistoric bird trying attacked them. Ianto have just tried to catch falling Jack and this one helped him back to escape from bird. His body closed to Ianto's body. Something better than only desire came over them, for this amazing moment. Something so strange for Ianto's mind. Something so evident now even if he continued to suffer from Lisa 's lost.
He seemed to blocked a sad movement from his past, Jack catched it in his eyes. Lisa, of course, he guessed. Ianto seemed to recover present time consciousness and decided to enjoy it : for months, he couldn't have share hours off with his ...love. In the same time, he felt guilty 'cause to Lisa's Lost but could appreciate the present moment like if he were a young studdent discovering magic of attraction, complicity and love. A kind of rebirth. Loving a man, like Jack, meant he hadn't betrayed Lisa as his woman. So weird but the truth !
He turned to Jack face and loocked at him, touched by all his charismatic humanity and bravour. The heroe he felt in love with seemed so tired in front of him.
- I wish i could protect you, he muttered, his voice breacking by emotions. It's high time someone take care of you...Jack.
Jack the heroe melt like a painfull soldier while he heard Ianto 's wishes. His right hand raised to the table , open and offered to Ianto's fingers. The majordome took with delicate gesture the offered hand, as if it was a fragile thing. And in fact, it was fragile as water in a frozen place.He loved the way Jack swallowed like a sleepy tiger, eyes observing everything in a tense but easy way, like if 51th century human could analyse more informations than his own brain. Evolution ? What could be different in Jack's mind, thaugts... – Ianto laughed loudly for himself :
Jack turned to the silent majordome :
- Yes ? Ianto ? Anything to share with us ?
The coffee master turned to red and looked down.
- No, sire, sorry...
Jack resumed the breefing still glancing at Ianto – could he read in mind to ? No, he doesn't, Ian' realised in a sight. So...Ok, you accept this, going out with...him. Does he is a man for you ? Usually i care about women, fond of she, not he... God. What happened to me ?
Ianto rolled his eyes like a fool, absorbing by the shining grey of a wall. Captain toock aide-camp reflecting in aquarium big glasses of his office. Jack's observation have disturbing him few seconds cause he worried about Ianto. The voice of Gwen report came to his mind but Jack didn't listened. Suddenly silent came to the office, Owen, Tosh, Gwen watched to Jack but he had a clue what for... Gwen understood quickly.
- Chief, what about you ? We eat the alien or not ?
- Sorry ? Interrupted Jack, chocked by the idea. No, take a pizza please, as usual ! And without alien as a food in it, please.
- Just Jocking, Jack ! She answered with her cute Cardiff accent. Do we go to the airport or do we let UNIT go and fixe this ?
She tried to understand what disturbing his dear Jack, loocking all around him but find nothing.
-No, go to the airport. I 'll call UNIT dogs …
That was a diversion for real . It was high time he had a long discussion with Ianto. Cause he needed it, cause aliens always came over the rift no chance of true love. He losed Gwen , she was engage with the bloody Rhys to, he couldn't stand loosing Ianto too.
He observed all the troop on departure and seemed wanting to stay alone in his office. The tea boy just take a quick loock to his loving boss and what about to fixe hub things and supplay when Jack called him :
- Dear, take your coat, we get to go. Jack gived him his trench, without giving back his regard. Surprised by the cute apostrophe, Ianto marked a step.
- Oh... where do we go... Sweetie ? He dared say the word as a game between us.
- To the hotel of course, baby ! Laughed Jack , with roguish lights in his eyes. What about a dinner and a movie ...now ?
- Oh ? Ianto answered, slowly chocked by the fact that date has coming. So exciting, so scarry, so foolish situation, what about running away the hub as fare as i could while Jack closed the team station ? Do i want it ? Do i want him ? Mind and body ? He shivered.
Jack smiled slowly , understanding the earth-quake in Ianto's soul.
Would you go and fetch the car, please ? Captain 's voice was as sweet as possible – I get to fixe something before.
Yes, muttered the handsome and smart tea guy.
Ianto lived office to the garage. When he turned back to the elevator entrance, Jack appeared. But it wasn't that Jack he used to see. He was dressed up in another way, no more grey and large military pants, no more bleu shirt, nor long bleu marine coat from military supplies. The man who observed him has changed mind and shape while changing uniform. Just a white shirt, a fited jean, derbys and black suit covered by a leisure coat. His hears were foolish and his mood seemed unusual. Jack captured with sweet satisfaction the way Ianto catch his new appearance. Just as to be another human on earth, just hilmself no the mythe he played all day long : Captain Jack Harkness, immortal human, borned for further 30 centuries on another planet. Just carpe diem : being by is own with all who i desired : sharing free time with Ianto Jones.
Shivering by the moment, he walked to Ianto , trying not to meet the tea boy eyes. This one was seeting in the care, ready to drive his boss as if everything were as usual.
- So, go left and turn two blocks left, ordered gentle Jack. Theres two looks shared few seconds of complete eternity thanks to the rear wiew mirror.
- Nice suite, babe ! Ianto dared to say, happy.
As the driver, tea boy tasted this travel, just concentrating his feelings of the pleisure to be there, with him. His body responded, surfing like a strong emotion wave crossed every muscle of his own. Desire came over him, a large breath open his eyes, dark brown intensity invaded his regard.
- It's here ! Claimed Jack like a kid ton in his grave voice. He loocked all around and catching dark exciting glance from Ianto figure, Jack let his own sharp tiger soul leading magic leash of this moment : he kissed the tea boy with all desire, wishes, life energie he was made with. The coffee master melt like chocolate while male lips and tongs danced all together in a furious meeting. A warm shiver occured in the unique body of love they shared for a while : tears appeared in close ianto's eyes as if he could again siped life. He felt Jack's body shiver and he enjoyed this feeling so much !
- Thanks for asking ! He said, joking... So kind to you !
- Sorry, Ianto, i'd just wanted to taste your attractive lips for that day we met, do you remember ?
He expected for few seconds Ianto's nod in agreement. Breath cut. Something recovered in his soul and body, something stange like hope. So long !
They entered the smart restaurant Jack have choosen for this date. The bartender was gay too and understoud queeckly what this moment was for the pairing. He offered these quiet table in soft ligthened corner. Intimate enough to be peaceful, not to much ambigous for raising Ianto 's fear.
- The first weewil hunt, isn't it ? got Ianto straight to the point, observing Jack's bleu eyes, he loocked as confident as a general in front of a battle decision. Harkness understoud why the tea boy was so sexy. Loocked like a shy fine fellow, just strong and exotic mind like a battle heroe. What a hot coktail in the same personn ! He would sip his soul for long.
- Indeed ! Admitted Jack, rather impressed by the tea boy nerve ! What, dear Jack, did this little male will make yourself like a shy boy ? A little feeling of apprehension stuck his stomac.
They odered meals , red wine and time seemed having frosen all around them.
- Yes, this hunt, when i discovered you could cure by yourself in few minutes after being agressed ! You lied to me, honey ! Added Ianto with emphasis ton...Telling me about shaving accident !
Happiness put in relief his eyes, his elegant fragrance huged Jack senses as if his glamour shape melt into a parfum spread all around Jack nose and skin. He could hardly stay calm and sexe energie surged his sensitive blood and heart.
Yes, i agreed... Ian.
He smiled to his own, happy that theirs body feelings from this memories were intacts. He was glad Ianto shared this conviction with him. Ian could have mixe up cause the pterodactyle chase have been hot too when they felt with violence on the ground while the prehistoric bird trying attacked them. Ianto have just tried to catch falling Jack and this one helped him back to escape from bird. His body closed to Ianto's body. Something better than only desire came over them, for this amazing moment. Something so strange for Ianto's mind. Something so evident now even if he continued to suffer from Lisa 's lost.
He seemed to blocked a sad movement from his past, Jack catched it in his eyes. Lisa, of course, he guessed. Ianto seemed to recover present time consciousness and decided to enjoy it : for months, he couldn't have share hours off with his ...love. In the same time, he felt guilty 'cause to Lisa's Lost but could appreciate the present moment like if he were a young studdent discovering magic of attraction, complicity and love. A kind of rebirth. Loving a man, like Jack, meant he hadn't betrayed Lisa as his woman. So weird but the truth !
He turned to Jack face and loocked at him, touched by all his charismatic humanity and bravour. The heroe he felt in love with seemed so tired in front of him.
- I wish i could protect you, he muttered, his voice breacking by emotions. It's high time someone take care of you...Jack.
Jack the heroe melt like a painfull soldier while he heard Ianto 's wishes. His right hand raised to the table , open and offered to Ianto's fingers. The majordome took with delicate gesture the offered hand, as if it was a fragile thing. And in fact, it was fragile as water in a frozen place.
Premier Rencard - Ianto/Jack (english sort of version) III
III
- And what about Gwen ?
- What ? Exclamed Jack , short breathing, mind chocked by Ianto's mean question. How could he think about this while bullets were flying everywhere into the dark ? Harkness exulted when somehow his partner tackeled him. But, by the way, he hated that too !
He rolled his ice eyes and wait for a few seconds' calme. He staired at Ianto with all pride he could gather at this time in front of one of the both humen he was addicted to. He articulated every singles syllabes :
- None...of your busyness...
He added in a soften way...
- my dear.
Violence of jealousy came into Ianto's blood and instead of shuting down Jack , the tea boy turned quickly to the right. He exploded an weewil armed with weapon. By the way, how weewil coul hold on weapons ?
Torchwood team aka Ianto and Jack were called for a strange alien battle in the middle of Cardiff market place, at night. Thirty minutes before this argument, the both men in love had gathered their hand and soul. But...
- You've seen, Jack... Did i sip to much wine at the restaurant ? Muttered Ianto, trying to remember the date. Emotions invaded again his body and blood.Adrenaline and serotonine at the top his body could naturally produced and supported. Weewils plus weapon ?
- Did i miss something ? Jack ? … Jack ! Jones continued.
Harkness came back to him, both protected by a container. Fire sound to continue but between what kind of creature ? Versus what ?
- Well...
Jack began to talk , the louded battle all around him covered his voice, but not enough for Ianto's ears , close to him, warmed by theirs own presence, his gaze claimed for an answer !
- Now ! He shouted, out of rage and despear.
- I... Know.
Jack couldn't take the excuse of work , the fighting, aliens with guns they were not aware weewil could used...Nothing on Earth could give them back this true moment if he missed it. But, how can he said that ? Lying to Ianto ? No way !
He put his revolver close to his chest, on defense no maner what happen. His soldier mind checked everything all around him and his partner – In the same time, he decided to go straight : Jones wasn't a kid, his heart died once after Lisa cyberwoman died and he recovered, not the same but he was alive. So no need to protect him. He won't undestand now, but he will...
Jack turned his eyes, the more loving way he could feel for the other man, and muttered :
- I dared say...Ianto, I love you...both !
Ianto 's rage spread in his mind and body – Something brock in his conscious and as an trained soldier or as a suicide personn, he run into the fighting between aliens – Adrenaline guided his gestures and he shut every single life there were in the hall.
- This wasn't an exercice, a thaught lightened his brain and he fainted...
Jack just have gazed at what happened. At this moment, Gwen, Tosh and Owen entered the place and Miss Cooper-Williams – She won the running again – taked in Ianto's body before Dr Harper arrived few seconds later.
Jones opened his eyes and he loocked daggers at Gween. He passed out again.
She stared at Harkness, stuck by Jones gaze, watched dead aliens bodies all around.
- Jack, what the hell are you doin' ?
Premier Rencard - Ianto/Jack (english sort of version)IV
IV
His body calls him to wake up, muscles as contracted as stones or pilars of his so small shiny life, but his mind was still fascinating by the scene.
- 1,2,3, 4, 5, 6...Dr Harper counted out of breath while his professionnal hands handled Ianto's chest for a close cardiac massage.
- What 's wrong with him ? shouted Jack.
- It's not only a fainting fit, Jack...explained Gween, watching to him the sweetest way she could to.By the way, his heart was hers, and his heart was Ianto's too. She admitted so easyly but Rhys existed for her.
- He just have an heart attack, Jack ! Dr Harper said before giving Ianto's a mouth-to-mouth resuscitation. He continued : one breath, 1, 2, 3, 4...
Jack just can't stand watching Harper breath and lips on Ianto's mouth !
-My job ! He said, invading dr Harper aeria. Owen was about to protest but something happened.
Jack's lips kissed Jones livide mouth. His chest went up and down for the first time during this long so long secondes. Jack filled so empty, so lost, so being nothing watching Ianto's fainting fit. He was the one who need help.
He suddenly loocked pale, as a wampire could be. Blood veines fighting against violence of despear at his eyes corners. Un alien could hear the more rageous and inhuman cry exploded from Harkness soul. Only The silence , a dead silence installed all around for the humans mates.
